Pressions sur l'environnement


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Epandage de boues liquides.

Epandage de boues liquides.

L’acceptation sociale

Les stations d’épuration urbaines collectent également des effluents industriels pouvant concentrer des métaux. En l’absence de convention de déversement de ces effluents entre la commune et certaines entreprises, l’origine de ces rejets, parfois illicites, n’est pas toujours connue des services contrôlant l’assainissement. A cela, s’ajoutent les eaux depluie ruisselant sur les routes et drainant des métaux lourds (dans le cas de réseaux unitaires ou d’ erreurs de branchements ). L’épandage répété sur des parcelles agricoles des boues des stations l’épuration urbaines fait craindre à la population une pollution des sols et une absorption de ces polluants par les végétaux, comme en témoignent les observations portées par les Valdoisiens sur les registres d’enquêtes publiques ouverts sur ce sujet.

Potentiellement, les boues peuvent en effet contenir des éléments contaminants pour les sols ( éléments traces métalliques , composés organiques en trace , micro-organismes pathogènes ). Toutefois, des seuils exigeants limitant leur présence dans les boues d’épandage ont été fixés. Ces seuils n’ont jamais été atteints dans le département. Bien qu’aucune contamination des sols ou des cultures ayant bénéficié d’épandages de boues de station d’épuration n’ait été observée, et bien que les épandages de boues de stations d’épuration soient encadrés par une procédure préfectorale contrôlant cette pratique, la filière d’élimination - valorisation des boues de stations d’épuration urbaines en agriculture est souvent remise en question par la société.

Une confusion entre les différents épandages (composts d’ordures ménagères, composts de déchets verts, effluents d’élevage) s’installe encore communément démontrant un manque de transparence des pratiques agricoles. Cette confusion témoigne d’un besoin d’information des Valdoisiens sur le devenir des différents déchets, sur leurs filières respectives d’élimination et sur les pratiques agricoles en général.

S’ajoutent également à ces réticences, des craintes liées à la présence dans les esprits du contexte "vache folle" et des scandales agroalimentaires. Ces réticences s’accompagnent d’autres réactions, plus discrètes, de l’ordre du tabou lié aux excréments humains, ainsi qu’à la difficile acceptation en milieu rural des boues issues de territoires urbains, régulièrement considérés comme producteurs de nuisances.

L’argument finalement le plus souvent exprimé, contre l’épandage des boues, concerne les odeurs qui en émanent. Le stockage des boues brutes peut provoquer en effet des odeurs dues au manque de maturation des produits, à un stockage en bout de champ trop long ou à des opérations d’enfouissement des boues liquides .

L’acceptation des boues par les agriculteurs

Pour satisfaire la grande distribution et rassurer le consommateur réticent, l’industrie agroalimentaire a mis en place des cahiers des charges, des méthodes de formalisation et des pratiques culturales excluant l’épandage des boues. Ces contraintes imposées aux agriculteurs s’ajoutent aux craintes précédentes pour limiter les épandages.

Une chaîne complexe de professionnels

La mise en place du plan d’épandage et l’épandage font intervenir des services déconcentrés de l’Etat (Mission Inter Services de l’Eau), des collectivités territoriales, un commissaire enquêteur (pour les épandages soumis à autorisation), un "producteur" (l’exploitant de station d’épuration), un transporteur, une entreprise d’épandage et un agriculteur. Cette chaîne de professionnels, aux logiques d’actions différentes et parfois contradictoires (réglementaires, financières, agronomiques), est encore peu organisée.

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