Pressions sur l'environnement 

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Mare en cours d’eutrophisation au printemps. A terme toute la surface sera recouverte par des végétaux empêchant la pénétration de la lumière et le développement de la vie aquatique.

Mare en cours d’eutrophisation au printemps. A terme toute la surface sera recouverte par des végétaux empêchant la pénétration de la lumière et le développement de la vie aquatique.

Les pressions liées à l’assainissement

La plupart des stations d’épuration du département rejettent leurs effluents dans les cours d’eau après un traitement plus ou moins poussé. Les principales pollutions induites par l’épuration des eaux usées sont de deux ordres :

Un apport excessif en matières en suspension empêche la lumière solaire de pénétrer dans les eaux et asphyxie les poissons en colmatant leurs branchies.

Un apport en matières oxydables (excréments) qui consomment de l’oxygène et entraînent également par conséquent l’asphyxie des êtres vivants. Un assainissement individuel mal entretenu peut entraîner également une dégradation des eaux superficielles. Les eaux usées mal épurées s’infiltrent en effet dans les sols, rejoignent les nappes d’eaux souterraines qui se jettent dans les cours d’eau. L’assainissement individuel concerne toutefois moins de 10 000 habitants dans le Val d’Oise et le sol produit un effet épurateur important.

Les substances à effet toxique telles que les métaux lourds, drainés ou transportés par les réseaux d’assainissement, ne peuvent aujourd’hui être traitées et occasionnent des pollutions irréversibles (ex. : pollution aux hydrocarbures en octobre 2003 sur le Petit Rosne à Sarcelles).

Les pressions liées au ruissellement des eaux pluviales

En milieu rural, le lessivage par temps de pluie des produits phytosanitaires (ex. : herbicides, pesticides) et des amendements fertilisants (ex. : engrais à l’origine des nitrates) sur les surfaces agricoles dégradent la qualité de l’eau et des milieux aquatiques. Ces matières azotées et phosphorées sont nutritives. Elles sont responsables du développement incontrôlé des végétaux, qui entraîne une mortalité piscicole et un appauvrissement des milieux aquatiques en consommant l’oxygène dissous dans l’eau. A terme, ces végétaux provoquent la disparition des espèces animales propres à ce milieu. On appelle ce phénomène : l’eutrophisation .
En milieu urbain, bon nombre de réseaux d’eaux pluviales débouchent dans les rivières. Ces eaux de ruissellement apportent des pollutions importantes par temps de pluie (ex. : hydrocarbures, résidus métalliques issus de la circulation automobile, huiles).

Les pressions liées à l’aménagement des cours d’eau

En milieu urbain, l’artificialisation des berges des cours d’eau , qui a consisté à minéraliser les rives pour pallier leur érosion naturelle, diminue d’autant les possibilités de vie aquatique.

En milieu rural, l’aménagement des cours d’eau pour l’utilisation de la force de l’eau grâce aux moulins, a "stérilisé" la vie aquatique le long des biefs ; les chutes d’eau empêchant la migration des poissons et diminuant les zones de frayère où se reproduisent certains poissons. L’aménagement des cours d’eau navigables a, quant à lui, considérablement modifié leur profil en long et en travers.

Les pressions liées à la croissance démographique et à l’urbanisation

L’urbanisation et l’industrialisation se sont bien souvent développées le long des cours d’eau. Les exploitations agricoles ne sont pas les seules responsables de l’eutrophisation des milieux aquatiques. Les ménages sont également de gros producteurs d’azote (ex. : urines) et de phosphore (ex. : détergents, poudres à lessiver où l’usage du phosphore vise à limiter les inconvénients (ex. : entartrage) induits par la dureté de l’eau).
La satisfaction des besoins en eau potable fait l’objet de prélèvements importants dans les cours d’eau. L’usine de Méry-sur-Oise prélève l’eau de la rivière et la potabilise pour l’alimentation en eau de 800 000 habitants du nord de la région parisienne .
Les processus de fabrication de certains produits industriels nécessitent aussi des quantités d’eau non négligeables et les rejets de ces activités s’effectuent dans des cours d’eau.
Des prélèvements sont enfin effectués pour l’irrigation des cultures ou pour des usages de particuliers.
Ces prélèvements en cours d’eau peuvent constituer une pression pour la faune aquatique et pour l’alimentation des nappes alluviales en période d’ étiage (Cf."la nappe alluviale...") .
La régression des zones humides (marais, zones d’expansion des crues) asséchées pour la réalisation d’opérations immobilières porte atteinte aux cours d’eau. Par leur fonction épuratoire, les zones humides sont, en effet, indispensables à la dépollution des eaux de surface. Ces zones sont aussi des zones de ponte pour des espèces comme le brochet ainsi que des réserves de biodiversité importantes. La régression des zones humides accroît enfin le risque d’inondation .
Les actions de remembrement et l’accroissement des surfaces en labours ont favorisé l’érosion des sols, l’apport de sédiments et le colmatage des fonds des cours d’eau et des frayères.

Colmatage d’un ru par apport de limons.

Colmatage d’un ru par apport de limons.

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